Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Taxonomie, éthologie... Voici le lieu de vos échanges animaliers !

Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar raphaël » Samedi 14 Mars 2020 19:34

Bonjour à toutes et à tous !

Depuis mi-octobre, j’ai été totalement inactif sur le forum pour une très bonne raison que vous connaissez peut-être : j’étais en voyage pendant 4 mois à travers l’Amérique du sud.
Durant ce long périple, j’ai eu l’occasion d’admirer de nombreuses espèces animales passionnantes dans leur milieu naturel et de traverser des écosystèmes variés.
Pour me faire pardonner de mon absence, je vous propose donc la lecture de ce post en guise de compte-rendu. Je vous prie de bien vouloir excuser mon manque de courage pour la recherche des noms latins, je n'ai pas le sérieux de notre ami Therabu, ni la qualité d'images, mais voici de quoi remonter un peu le temps et suivre mon aventure !


ARGENTINE


L’Argentine fut le premier pays de mon voyage et j’y suis resté un peu plus d’un mois.
Le pays est immense et je n’en ai visité qu’une petite partie, essentiellement au nord.
Les premiers jours à Buenos Aires sont déjà l’occasion de croiser une avifaune urbaine bien différente de la nôtre :

perruche souris

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tourterelle oreillarde

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grèbe de Rolland

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tyran quiquivi

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PATAGONIE

La Patagonie est un gigantesque territoire couvrant un bon tiers de l’Argentine sur sa pointe sud, et incluant également le Chili. Je n’y ai exploré qu’une très modeste partie, mais riche en faune : il s’agit de la région de la Péninsule de Valdès, hautement connu des passionnés de Nature car c’est là et nulle part ailleurs dans le monde que les orques se jettent en des échouages volontaires sur les plages pour y croquer les bébés otaries. Je n’étais pas à la bonne saison pour assister à ce spectacle qui a lieu entre février et avril, mais j’ai tout de même pris plein les yeux ici.

J’ai atterri et loué une voiture dans la ville de Trelew, qui fait sa fierté de la richesse des fossiles dans ses alentours. On y a retrouvé le plus grand dinosaure connu à date, représenté par une maquette taille réelle à l’entrée de la ville.

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C’est parti pour les pistes patagoniennes !

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La première étape fut la réserve de Punta Tombo, au sud de Trelew. Ici, vit la plus grande colonie connue de manchots de Magellan. La réserve permet de visiter leur territoire à pied, sur un chemin ou sur des passerelles. Les manchots sont partout à perte de vue, sur ces infinies collines pelées donnant sur l’océan. Le spectacle est magnifique, surtout que des guanacos se joignent au tableau, ainsi que quelques goélands et rapaces désireux de profiter des œufs de manchot. C’était en effet la période d’incubation et l’on peut facilement observer les adultes stoïques sur leur couvée.

Entrée de la réserve de Punta Tombo et petit musée des sciences

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Ambiance de la réserve de Punta Tombo

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Je suis ensuite entré sur la Péninsule Valdès à proprement parler, elle-même une réserve naturelle à accès payant. On découvre l’essence de la Patagonie argentine : des interminables lignes droites au milieu de rien, juste des buissons bas sur des kilomètres, et régulièrement des troupeaux de guanacos. Voir ces animaux dans leur milieu naturel est un spectacle incomparable à leur présentation classique en parc zoologique.

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Passé le port de Puerto Piramidès, la route devient une mauvaise piste qui forme une boucle sur la péninsule en débouchant sur les principaux points d’intérêt du littoral. Outre les immanquables guanacos, on croise souvent des tinamous huppés et parfois quelques nandous, plus timides. Les maras sont malheureusement restés invisibles, mais les tatous s’en donnent à cœur joie autour des parkings et sont très faciles à voir.

Nandou de Darwin en bord de route

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Tinamou huppé

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Vanneau tréro

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Tatou, un tatou pichi ou un grand tatou velu ? Les deux espèces sont présentes et j’ai du mal à faire la distinction.

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Valdès, c’est aussi et surtout une faune marine exceptionnelle : plusieurs arrêts permettent d’admirer les colonies d’éléphants de mer et d’otaries à crinière, ainsi que quelques manchots de Magellan, goélands, cormorans et pétrels. Les énormes mâles éléphants de mer sont particulièrement impressionnants et querelleurs, chacun protégeant ses lascives femelles. Cette animation m’a rappelé avec émotion que Gerald Durrell avait admiré et décrit le même spectacle de la nature dans son livre « La terre qui murmure ».

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Tout ce que j’ai pu observer ce jour-là était d’accès libre une fois réglée l’entrée à la péninsule, mais il existe également des haciendas (fermes privées dédiées essentiellement à l’élevage du mouton) qui proposent des visites relativement chères sur leur accès réservé à l’océan où l’on voit d’autres colonies.

Puerto Piramidès, seul village de la péninsule, est saisonnièrement entièrement dédié à l’observation des baleines franches du Sud qui viennent, avec une population en augmentation, passer les mois de juin à décembre dans le Golfo Nuevo. Je venais en grande partie pour ça dans cette région du monde, et je n’ai pas été déçu. Parti pour une sortie bateau avec la compagnie Whales Argentina, nous avons pu admirer plusieurs magnifiques individus nageant et sautant la tête hors de l’eau. A noter que cette espèce ne se déplace jamais en bandes, on ne voit que des duos mère-enfant. Les jeunes sont souvent plus curieux et s’approchent des bateaux (dont le moteur est coupé en présence des cétacés) avant de rejoindre leur mère.

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Avant de rejoindre la berge, le bateau passe faire un petit coucou à la colonie d’otaries à crinière vivant sur les rochers de Punto Lobo. En espagnol, l’otarie se dit à la fois « leon marino » et « lobo marino » selon les régions.

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Cette sortie de « whale-watching » suffisait à mon bonheur, mais on m’avait indiqué l’existence d’une autre crique, plus au sud à l’entrée de la péninsule, d’où les baleines pouvaient être vues depuis la plage. C’était sur ma route et j’y ai donc fait un arrêt. Au départ en effet on les voyait au loin, on distinguait et entendait surtout leur souffle. Mais la patience a payé : incroyable, à marée haute, grâce à la pente raide de la plage, les baleines s’approchent paisiblement à quelques mètres de nous. C’est là qu’on se rend vraiment compte de leur gigantisme. Les baleineaux sortent régulièrement leur tête et en croisant leur regard, je suis devenu persuadé qu’ils ont une curiosité réciproque et qu’ils viennent ici pour observer ces drôles d’animaux vivant sur la terre ferme.

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IGUAZU, MISIONES, BRESIL ET PARAGUAY

Quelques jours après cette aventure patagonienne, me voici dans une toute autre ambiance, la chaleur étouffante et moite de la forêt tropicale, au nord-est du pays dans la province de Misiones pour y découvrir le site naturel le plus connu du pays, les chutes d’Iguazu.
Frontières entre le Brésil et l’Argentine, les cascades sont protégées des deux côtés par des parcs nationaux. Techniquement, on peut croiser dans la région des tapirs, fourmiliers ou jaguars mais il faut soit être chanceux soit se consacrer activement à leur recherche à l’aide d’un guide spécialisé, ce qui n’a pas été mon cas. Iguazu est tout de même un endroit où l’observation de la faune est intéressante. Les coatis se baladent partout en quête de nourriture, de gros téjus se baladent sur les pelouses, les geais à tête bleue font l’animation, les papillons sont magnifiques et autour des cascades tournent des nuées d’urubus à tête noire, ajoutant encore plus à l’ambiance Jurrassic Park. La balade côté Brésil est beaucoup plus courte que les circuits argentins, mais elle m’a offert une magnifique observation de toucan toco.

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Après deux jours à Iguazu, j’ai entamé mon trajet vers l’ouest en m’arrêtant au village de San Ignacio permettant d’accéder au Paraguay et d’y visiter sur la journée d’impressionnantes ruines jésuites. Niveau faune, je retiens les jolis pics dans les jardins de San Ignacio et surtout les adorables chouettes des terriers dont les petites têtes dépassent des pelouses des ruines jésuites.

Pics (je n’ai pas l’espèce précise)

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Chouette des terriers

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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar raphaël » Samedi 14 Mars 2020 19:37

ESTEROS DEL IBERA

Avant de partir vers le nord-ouest et les contreforts des Andes argentines, une étape me semble obligatoire pour le naturaliste : il s’agit de la région des Esteros del Ibera, vastes zones humides, marécages, lacs et prairies inondées abritant une biodiversité particulièrement riche.
L’accès à la zone est difficile et se fait par des mauvaises pistes. Le village de Colonia Carlos Pellegrini, qui malgré le tourisme a su garder tout son charme, est le point de chute principal. Ici la formule, c’est de loger pension complète dans une hacienda qui vous organise aussi des excursions en bateau, à pied ou à cheval avec guide.
Les deux stars du lieux, omniprésentes autour des grands lacs, sont les capybaras et les caïmans yacaré. Avec un peu de chance, il n’est pas non plus rare de pouvoir admirer le magnifique cerf des marais. Mais une telle zone humide est évidemment surtout un paradis pour l’avifaune.

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Capybaras autour des lacs de Colonia Carlos Pellegrini

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Jacana noir

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Caïmans yacaré

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Cerf des marais

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Famille de kamichis à collier

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Les oiseaux sont partout autour des lacs et du village, et une simple promenade sur les routes de terre du bourg permet de croiser une multitude d’espèces dans les jardins et prés.

Râle hypéca

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Les vanneaux tréros sont omniprésents

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Caracaras

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Perruches souris

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Engoulevent (à identifier)

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Et de mignons petits cobayes sauvages

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Bordant les lacs, la forêt protégée où l’on peut se promener sur des sentiers me permet d’observer un minuscule colibri au nid et discrètement cachés au sommet des arbres, une famille de singes hurleurs noirs. Mes premiers singes non-humains dans le milieu naturel ! Une belle émotion, même si je n’ai pas vraiment apprécié que notre guide tape sur les troncs pour les faire bouger.
La partie forestière de la réserve :

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Daguet (brun?)

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Enfin, depuis peu, une vaste zone anciennement dédiée à l’agriculture a été convertie en Parc National. Les sentiers sont encore relativement courts et le circuit de promenade s’agrandira prochainement. Les chemins surplombent de vastes plaines humides et quelques étangs. C’est le royaume incontesté des capybaras qui broutent ou barbotent sans se soucier du promeneur. Une proximité impressionnante qui m’a fait me demander pourquoi aucun zoo n’avait encore tenté d’enclos d’immersion avec l’espèce.

Cigogne maguari à l’entrée du parc national

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Parc National Ibera et capybaras

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Je n’ai pas eu de chance avec le roi de la région, le discret loup à crinière que certains touristes ont pu croiser en bord des sentiers. Mais les Esteros del Ibera vont à coup sûr devenir un haut lieu mondial pour l’observation de la faune sauvage. J’ai senti un grand potentiel dans la zone, d’autant plus que grâce à l’impulsion et au travail de l’association CLT Argentina, le lieu sert d’expérimentation au ré-ensauvagement (ou Rewilding) puisque ont déjà été réintroduits dans le parc national des aras chloroptères, des tapirs et des tamanoirs et prochainement suivront des jaguars et des loutres géantes (dont l’une a été envoyée récemment sur place par un zoo européen). J’y reviendrai à coup sûr !

CHACO

Avant de rejoindre le nord-ouest du pays et les contreforts des Andes, j’avais prévu trois jours d’arrêt dans la région du Chaco. A cheval sur la Bolivie, le Paraguay et l’Argentine, le Chaco est un écosystème de savane arborée (sèche ou humide) riche en biodiversité. C’est aussi à l’heure actuelle une des zones les moins touristiques et les plus pauvres du pays. Je connaissais l’existence de plusieurs parcs nationaux autour de Resistencia, ma ville point de chute, mais j’ai pêché par manque de préparation. Pour la plupart, il fallait louer un 4X4 et au moins un jour de trajet pour les rejoindre. Je me suis donc rabattu sur le seul parc national accessible à la journée, le Parc National El Chaco protégeant une zone de forêt humide. Sous une chaleur étouffante, je n’ai fait aucune observation réellement marquante, malgré la présence de singes et de divers mammifères dans le parc. J’ai cependant apprécié la quiétude de la rivière, riche en oiseaux d’eau.
La meilleure observation fut en fait sur la route du parc, où j’ai surpris une scène de curée d’urubus sur un cadavre de cheval.

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Je pense que le Chacho a un énorme potentiel écotouristique, et qu’un visiteur un peu plus préparé que moi peut profiter de son ambiance reculée pour y admirer de nombreuses espèces. Je suis connecté aux pages Instagram des parcs nationaux « El Impenetrable » et « Rio Pilcomayo » où l’on peut admirer jaguars, tapirs, fourmilers, loups à crinière, pécaris… Mais il faut un peu plus de temps et de moyens pour rejoindre ces endroits.
Une bonne surprise : alors que je me promenais sur le front de rivière de Corrientes, un groupe de jeunes indiquant quelque chose dans l’eau me permet d’observer une loutre à longue queue, en plein jour et en pleine ville.

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NORD OUEST ARGENTIN : PROVINCES DE SALTA ET JUJUY

La région du nord-ouest argentin est réputée pour la beauté de ses paysages andins avec en point de chute la jolie ville coloniale de Salta. Et je confirme que les boucles de 3-4 jours aux alentours que l’on peut faire en voiture sont réellement magnifiques : plateaux désolés garnis de grands cactus, falaises rouges, dunes de sable, étangs et lacs… Toutefois, l’hostilité du paysage fait qu’on n’y voit pas beaucoup d’espèces animales. Les urubus sont les plus faciles à voir. On croise également autour des villages des vols de perruches de Patagonie et des conures mitrées.

Quelques paysages du nord-ouest argentin

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Perruche de Patagonie

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Renard des Andes

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Lors d’une randonnée autour du village de Tilcara, un des éternels chiens errants qui accompagnent les randonneurs se met à aboyer férocement en regardant la paroi d’en face. Un léger mouvement me permet de repérer ma première viscache des montagnes !

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Plus tard, en partant en voiture vers les Salinas Grandes, grands salars à l’ouest de Salta, je croise sur ma route mon premier troupeau de vigognes. Elles sont plus graciles et timides que les guanacos, et vivent pourtant dans un environnement bien plus hostile.

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Quelques jours plus tard, je pars jusqu’à 3600 mètres d’altitude pour visiter l’une des aires protégées d’Argentine, la laguna de Pozuelo, lac de montagne considéré Monumento Natural.
Cette réserve protège un écosystème de puna, c’est-à-dire un vaste plateau de montagne herbeux.
Là, les vigognes y sont les reines et se voient partout dans des paysages époustouflants, accompagnées de quelques rares nandous de Darwin.

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Le lac en lui-même étant cintré par une large bande boueuse, il est difficile de s’approcher. On devine au loin la colonie de flamants, on les voit passer en vol et l’on se fait également harceler par les mouettes des Andes. Il paraît qu’on peut y voir les trois espèces de flamants sud-américains : Chili, James et des Andes. Mais j’ai surtout vu des jeunes, gris, difficiles à identifier.

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Enfin, après plus de dix jours passés sur une terre andine marquée par l’ombre permanente du dieu Condor, je finis par apercevoir deux individus de ce géant vautour adoré par les Incas. Le même jour, à deux heures d’intervalle et par une forte chaleur, je vois d’abord depuis ma voiture une femelle, puis un mâle. Ils sont hauts et loin, mais ils sont là !

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Sur cette observation hautement symbolique, il ne me reste plus qu’à remonter vers le nord et entrer en Bolivie….
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar abel » Samedi 14 Mars 2020 19:58

Merci pour ce récit qui fait rêver Raphaël !
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar Thibaut » Samedi 14 Mars 2020 20:08

Entre les voyages de Therabu et de Raphaël on est gâtés. Merci pour le récit de tes aventures que tu partages avec humour et pédagogie.
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar snockot » Samedi 14 Mars 2020 21:01

Merci pour toutes ces images et commentaires ! Encore un compte rendu qui donne envie de voyager...
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar david » Samedi 14 Mars 2020 21:20

Merci Raphaël, ça me rappelle la Bolivie et le Pérou. Ces grands espaces vierges et les animaux....fabuleux !
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar gibbon » Dimanche 15 Mars 2020 3:03

raphaël a écrit:Pics (je n’ai pas l’espèce précise)

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C'est un Pic champêtre (Colaptes campestris).

Merci pour le reportage !
Plus le temps passera, plus les zoos seront indispensables.
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar Philippe » Dimanche 15 Mars 2020 4:30

Merci pour ce reportage, Raphaël !
Biofaune : l'actualité de la conservation in & ex situ : http://biofaune.canalblog.com - www.facebook.com/biofaune
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar furylion » Dimanche 15 Mars 2020 9:33

Merci beaucoup pour le texte et les photos !
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar Therabu » Dimanche 15 Mars 2020 18:51

Merci raphaël, c'est très intéressant !
Et certaines photos me rendent jaloux ! :mrgreen:
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar raphaël » Dimanche 15 Mars 2020 18:57

Therabu a écrit:Merci raphaël, c'est très intéressant !
Et certaines photos me rendent jaloux ! :mrgreen:


De la part du maître en la matière je suis flatté ! :)

david a écrit:Merci Raphaël, ça me rappelle la Bolivie et le Pérou. Ces grands espaces vierges et les animaux....fabuleux !


On y vient, effectivement le nord ouest de l'Argentine ressemble beaucoup à ce que j'ai vu au sud Bolivie et nord Chili, les paysages ne changent pas à la frontière. Allez c'est parti !

BOLIVIE



De la Bolivie, vaste pays abritant une grande variété d’écosystèmes, je ne vois que la partie sud andine, dite région du sud Lipez, par le biais d’une excursion de 5 jours autour du célèbre salar de Uyuni, l’un des plus grands du monde.
Cette région fut bien plus riche en populations animales que la partie voisine du nord de l’Argentine. Tout d’abord, autour des villages et sur les murs écroulés, les viscaches de montagne vivent en colonies facilement observables. Dommage que ces rongeurs singuliers, tenant presque du kangourou et du lapin, ne soient pas présents en parc zoologique.

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Les troupeaux de vigognes sont également légion dans ce territoire entre 3000 et 5000 mètres d’altitude. Parfois, elles sont accompagnées de nandous que notre guide nomme « autruches ». Mais ils sont bien plus rares.

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Les stars du lieu, ceux que les guides veulent à tout prix montrer aux touristes, ce sont bien sûr les flamants qui s’épanouissent en colonies dans des lacs salés d’altitude, au milieu de paysages nus et arides. Les trois espèces sont visibles, mais j’ai surtout croisé les flamants de James et les flamants des Andes. Petit mémo avant de commencer :

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On peut aussi voir des oiseaux plus discrets, telles ces avocettes des Andes :

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oies de Magellan :

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Foulques géantes :

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Canards huppés :

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Instant triste lorsque notre guide nous arrête chez un producteur de bière au quinoa. Ce dernier possède dans son arrière-cour un minuscule enclos avec une vigogne et un nandou « apprivoisés » et clairement pas faits pour être là. Puis, c’est le grand salar de Uyuni, du blanc à perte de vue… Mais pas vraiment de vie !

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CHILI



Après une semaine au sud de la Bolivie, je prends le bus pour passer au nord du Chili, aux alentours de San Pedro de Atacama. Les deux pays ayant beau être économiquement, socialement et touristiquement très différents, les paysages restent assez similaires dans la région : montagnes, plateaux dénudés et lacs peuplés de flamants. Là encore, de superbes ambiances de bout du monde, avec le silence, un ciel immense et les grands oiseaux roses passant dans le ciel.

Foulque géante

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Sarcelles de la Puna

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Vigognes

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Flamants

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Je mets ensuite le cap au nord-ouest : direction la ville d’Arica, à la frontière avec le Pérou. Là, tout change : je me retrouve à altitude zéro, au bord de l’océan Pacifique. La ville a une activité portuaire intense, et le port coloré et sale est occupé par un nombre conséquent de pélicans thages, d’otaries à crinière, de sternes incas et de goélands gris.

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Sur la plage, je peux observer plusieurs huitriers d’Amérique :

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Et il ne me reste plus qu’à passer au Pérou…
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar gibbon » Dimanche 15 Mars 2020 22:21

C'est bien la peine de se connecter pour donner des infos...
Plus le temps passera, plus les zoos seront indispensables.
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar AnimauxEtZoos » Lundi 16 Mars 2020 11:27

Merci de nous faire vivre ce voyage ! Les photos font rêver :D
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar raphaël » Lundi 16 Mars 2020 18:51

PÉROU


Après être passé rapidement en Bolivie puis au Chili, me voilà dans un pays où je vais rester un peu plus d’un mois. Le sud du Pérou a cet énorme avantage de présenter une grande diversité de paysages, d’écosystèmes et de cultures sur une petite surface. En une nuit de bus, on se retrouve dans un autre monde ! J’en profite, d’autant plus que n’ayant pas prévu initialement de monter jusqu’au Pérou, je découvre les possibilités naturalistes au fur et à mesure.

AMAZONIE

L’occasion était trop belle : passer les fêtes de Noël en Amazonie. Le Pérou a plusieurs entrées vers la dense et mythique forêt amazonienne. La plus connue consiste à rejoindre au nord la ville de Iquitos, à la frontière colombienne. Il faut pour cela prendre un avion ou prendre son temps car l’accès y est très difficile. Plus au sud, le Parc national de Manu est aussi très réputé pour les observations possibles mais l’accès est compliqué. J’ai choisi la troisième option, la moins chère et la plus facile. Celle de rejoindre le village de Puerto Maldonado, désormais lié à la ville andine de Cusco par une récente route. Puerto Maldonado est situé en bord de rivière et de là partent diverses excursions dans la forêt, notamment dans la Réserve naturelle de Tambopata.

Puerto Maldonado
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A peine arrivé dans la ville, le soir venu je monte avec d’autres touristes sur la petite terrasse de notre auberge de jeunesse histoire de dominer la ville, quand je vois une étrange masse grise juste à côté de nous dans un arbre. Mes mots sont les suivants : « Euh, je crois qu’il y a un paresseux là. » Et effectivement, il y avait bien un paresseux tridactyle tranquillement installé quasiment sous notre nez. Une belle première rencontre amazonienne !

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Première incursion dans la jungle lors d’une sortie à la journée au Lac Sandoval, au cœur de la réserve de Tambopata. Sandoval est un grand lac entouré de forêt, que l’on rejoint après un trajet en bateau et une promenade naturaliste, toujours accompagné d’un guide. Lors de mon passage, notre guide déniche une splendide « mygale-poulet » (genre Pamphobeteus a priori) et nous croisons un groupe de capucins bruns :

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Il est alors temps d’emprunter une petite barque, pilotée par notre guide, pour traverser le lac Sandoval. Le repas du midi, typiquement amazonien à base de riz et poulet, nous attend sur l’autre rive. Après une petite balade autour du campement, et une formation à la botanique tropicale, nous prenons le bateau du retour sous un bel arc-en-ciel. C’est le moment choisi par les stars du lac, le produit d’appel pour cet excursion, de se montrer. En quelques minutes, une bruyante famille de loutres géantes en pleine activité de pêche nous entoure. Leurs cris résonnent à travers tout le lac et elles ne se soucient absolument pas de nous. L’une d’elles, occupée à se goinfrer de poisson, perd le contact visuel avec la troupe et les cris redoublent. Un grand moment !

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Sur les berges du lac, depuis la pirogue, on dérange un petit groupe d’hoatzins. Je ne pensais pas que ces oiseaux étaient si communs et faciles à voir !
Sur le tronc d’un palmier, notre guide nous indique des petites chauves-souris, que je n’ai pas pu identifier.

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Avant de revenir sur la terre ferme, nous traversons un canal entouré par la forêt, et une colonie de saïmiris à tête noire vient y faire son repas de la soirée. Un animal très présenté en parc zoologique, mais les voir s’affairer dans leur habitat, avec bébés sur les femelles, c’est autre chose.

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Et cette première vraie journée en Amazonie se conclut par un joli symbole, un magnifique Simba apparu dans le ciel après une courte averse.

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Par la suite, je rejoins pendant quelques jours la station biologique Kawsay, qui étudie la réintroduction de singes-araignées sauvés du trafic et soignés au refuge Taricaya à proximité avant d’être relâchés. C’est un tout nouveau projet, l’un des premiers du genre pour ces animaux. Ce fut passionnant d’assister au travail de la petite équipe essentiellement composée de bénévoles. Le travail actuel est encore du défrichage : inventaire faunistique et floristique de la réserve, recherche des atèles, création des sentiers… Les singes-araignées se sont refusés à mon regard, mais j’y ai croisé mes premiers callithricidés, des tamarins à manteau.

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Je pars ensuite pour trois jours en excursion dans une « auberge de jeunesse dans la jungle ». C’est ainsi que je pourrais qualifier Collpas Tambopata Inn, une série de petits lodges et bungalows, lié à l’auberge de jeunesse Tambopata Hostel où je dormais à Puerto Maldonado. Le budget, pour des lodges en pleine jungle, est relativement bas et des activités sont proposées dans les alentours.
La principale est la sortie à la Collpa Chuncho, une paroi rocheuse au milieu de la jungle où tous les matins, les perroquets viennent se réunir pour y lécher des minéraux, socialiser et interagir.
Le jour où nous y allions, une pluie intense nous empêche de partir aux aurores mais le guide nous rassure, les perroquets non plus ne sortent pas par cette météo. A notre arrivée, la falaise, bien moins impressionnante que je ne le pensais, est vide. Puis, quelques aras passent dans le ciel, s’arrêtent aux alentours. Sont rejoints par d’autres, de plus en plus. Les moins timides s’approchent de la falaise, s’installent… On aura profité du spectacle dans son entièreté ! Seuls les aras (chloroptères, araraunas et macaos) se sont montrés, les amazones sont restées invisibles, mais les couleurs étaient au rendez-vous. Et je vous parle pas du bruit !

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LAC TITICACA

Le Lac Titicaca est un endroit mythique pour tout voyageur en Amérique du sud. Et il est vrai que les magnifiques paysages andins entourant ce diamant bleu entre Pérou et Bolivie valent le voyage.
En terme purement zoologique, on y croise quelques animaux :

Cobayes sauvages
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Grêbe du Titicaca
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Erismatures ornées
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CANYON DE COLCA

Autre fleuron du tourisme péruvien, le canyon de Colca situé à proximité de la ville d’Arequipa est le deuxième plus profond canyon du monde, deux fois plus que le fameux Grand Canyon du Colorado ! Le circuit classique consiste à descendre en groupe au fond du canyon le premier jour, puis de passer un deuxième jour dans le canyon à rallier le village-oasis de Sangalle avant de remonter au petit matin du troisième jour. Certains font tout ça en deux jours, mais cela me paraît court tant il est agréable d’être au fin fond de cette crevasse, dominé par de vertigineuses parois rocheuses.
Le canyon de Colca est un lieu réputé d’observation des condors des Andes, à tel point qu’ils ont même leur mirador, « la cruz del condor » ! En pleine saison des nids, je n’étais pas au meilleur moment pour en admirer, mais tout de même. Quelques minutes après mon arrivée au mirador, un de ces géants a fendu les airs, immense et superbe, avant de se percher juste sous nos yeux. Presque trop beau pour être vrai, j’ai failli croire à un numéro de dressage ! Mais non, il était là de son plein gré, tranquille sur son domaine, insensible à la foule grandissant chaque minute pour le contempler. A voir un condor dans son environnement naturel, on comprend pourquoi les Incas en ont fait l’un de leurs dieux.

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Le reste du canyon, plutôt désertique, fut pauvre en observations animales. Il paraît qu’on y voit fréquemment des renards, des mouffettes ou des viscaches, mais pour moi c’est resté très « birdwatching ».
Colibri géant
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Cardinal à tête jaune
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Canard des torrents
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PARACAS ET ISLAS BALLESTAS

Après un mois de Pérou interne, me revoilà sur la côte Pacifique. La petite ville de Paracas, pas spécialement charmante au demeurant, est une étape importante pour l’éco-tourisme car elle est bordée par deux petits joyaux, la Réserve naturelle de Paracas et les îles Ballestas.
La réserve naturelle n’est rien de moins qu’un désert, aride et magnifique, coupé par quelques lignes droites que l’on peut emprunter en vélo, en voiture ou en moto. Avec mon groupe, nous avions choisi la dernière option pour une belle journée d’excursion. Le désert se jette brutalement dans l’océan d’où l’on peut admirer une riche avifaune. Les paysages sont vraiment magnifiques, ce fut l’une de mes plus belles journées du voyage.

Falaises et urubus à tête rouge
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La beauté du désert bordant l’océan donne de superbes points de vue, la vie étant concentrée sur le rivage. Les stars des lieux sont les pélicans thages, accompagnés de sternes élégantes, bécasseaux sanderlings, cormorans des Bougainville et diverses autres espèces.

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Pélicans thages
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Goéland dominicain
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Sternes élégantes
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Bécasseau sanderling
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Cormorans des Bougainville
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Et si la réserve naturelle vaut la visite, la vraie aventure, c’est de prendre un bateau pour partir pendant 3 heures autour des îles Ballestas. Ces îles rappellent un peu les Sept Iles en Bretagne, elles abritent d’immenses colonies d’oiseaux marins. Elles furent même surexploitées pour le guano et sont aujourd’hui protégées pour maintenir les populations et conserver à petite échelle cette activité économique.

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Le bateau qui nous emmène slalome doucement entre les rochers et les blocs, permettant d’admirer les fous variés et les cormorans des Bougainville, les deux espèces essentiellement productrices de guano, ainsi que pélicans thages et sternes incas.

Fous variés
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Pélicans et sternes incas
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Colonie de cormorans au loin
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Malheureusement, nous n’avons vu aucun manchot de Humboldt pourtant annoncés comme présents dans la réserve. Leur absence est due à la saison, a priori en période de mue ils se cachent des prédateurs. En revanche, le lieu est bien occupé par des colonies d’otaries à crinière dont les impressionnants mâles se disputent les coins de plage.

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Enfin, la plage de Paracas, peu fréquentée, est un endroit sympa pour profiter du soleil tout en observant des spécimens sympathiques.

Courlis corlieus
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Pélicans et fous
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Goéland gris
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Becs-en-ciseaux noirs et mouettes de Franklin
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Un peu tout le monde
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Et ce séjour en bord de mer sera mon dernier instant naturaliste avant de monter à Lima, capitale du Pérou, gigantesque mégapole elle aussi située en bord d’océan et où l’on croise également urubus à tête rouge, cormorans et sternes incas. Mais je m’apprête alors à continuer mon voyage et l’achever par l’un des pays de « mégadiversité » mondiale, la Colombie...
Les animaux des zoos sont les ambassadeurs de leurs cousins sauvages. (Pierre Gay)
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Re: Amérique du sud, Hiver 2019-2020

Messagepar Therabu » Lundi 16 Mars 2020 19:00

Wolala cet escale péruvienne est splendide entre les oiseaux marins et les habitants de l'Amazonie !
Je vais peut être considérer la destination prochainement alors !
Therabu
 
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